3. Identité culturelle et traditions


La communauté Touarègue de I'Aïr est culturellement homogène, et dispose d'un patrimoine culturel très riche et varié. Au delà de l'appellation mythique "d'hommes bleus", qui n'explique pas toute la richesse de la culture de cette communauté, nombreuses sont les faces imperméables de cette culture encore peu connues des sociologues et anthropologues.
L'une des caractéristiques de l'identité culturelle de la communauté Touarègue réside dans sa difficulté, voir sa réticence à s'ouvrir sur le reste du monde, faisant ainsi d'elle une des identités culturelles les plus conservées.
Le Touareg, selon Edmond Bernus, se définit lui-même comme faisant partie des «Kel Tamasheq», plus rarement des «Kel Tiggelmust». Par là, il signifie que la société touarégue est avant tout un fait culturel et linguistique.
Le tamasheq ne se maintien que lorsque la société conserve une certaine cohérence. Plus encore que le vêtement ou le mode de vie, c’est le parler qui est le signe vivant de la cohésion sociale.
tifinagh

Mais le langage ne constitue pas la seule marque vivante de la culture : les caractères écrits tifinagh sont connus de presque tous les Touaregs, hommes ou femmes, guerriers ou religieux, artisans…
Cette écriture ne constitue pas les restes d’une culture morte que l’on retrouve au côté des gravures rupestres de tous les massifs montagneux.
C’est une écriture ancienne et les surfaces rocheuses portent aussi bien des inscriptions anciennes patinées par le temps que des messages récents de bergers ou de voyageurs. L’Arabe, appris laborieusement sur des planchettes en bois, reste confiné, hors des groupes très religieux, dans un usage exclusivement coranique.
Les touaregs sont les seuls berbérophones à avoir conservé un système d’écriture issu de l’alphabet ancien dit « libyque ».
Cet alphabet ne note que les consonnes, ce qui rend sa lecture difficile et peu cursive. On épelle chaque lettre à haute voix et, ensuite, on répète la suite des lettres pour reconstituer les mots et les phrases.
Autre facteur de cohésion culturelle, le vêtement. Et ce n’est pas sans raison que certains se disent Kel Tiggelmust, ceux de voile de tête : car c’est le signe visible du rattachement au monde touareg, la marque d’obéissance aux coutumes de bienséance de cette société, et par conséquent la marque d’une certaine pudeur : même le plus pauvre serviteur, même le berger le plus isolé, a depuis l’âge adulte le front et la bouche couverts, ne serait-ce que par un chiffon crasseux.
Et les jeunes nomades venus en ville pour y chercher du travail ou y faire des études, ont l’impression de se désolidariser d’une certaine organisation du monde en quittant le tiggelmust, ou en revêtant le pantalon des sédentaires, ou pire encore, celui des Européens…
Ils gardent presque toujours une garde-robe nomade qui leur permet éventuellement de reparaître sans honte et sans ridicule dans le campement de leurs parents.




Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :